Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 11:27

-Salut les filles, moi c'est Alcest. on ne se connaît pas encore mais on va apprendre à le faire. Ok ??

J'ai quinze ans,de l'acnée plein la gueule, je lis des poètes morts et maudits, je suis la réincarnation du grand poète Nicolas Sirkis et surtout, surtout je suis musicien. Je pratique la guitare depuis quelques années déjà et vous savez quoi?? j'ai déjà une discographie de gue-din. 

Quoi ?? ma musique ??? je t'intéresse là  ??? mmmmmmmmmhhhhhhhhh. Allez : je suis un poète torturé de la guitare moi et j'exprime tous mes sentiments, je laisse entrevoir la noirceur de mon âme à travers le prisme du black metal. Mais pas n'importe quel black metal hein. Le post-black metal. Telle est ma destinée. Comprends tu ce que je veux dire ?? non bien évidemment tu ne peux comprendre quel horrible reptile me dévore les entrailles, rien ne peut me libérer de ces entraves que j'ai érigées tout autour de mon être, rien........

OHHHH MAIS TA GUEULE !!!!!!

-Quoi ?? qui a osé interrompre mon génie, ma libre pensée ?? qui s'est........

-MAIS TU VAS LE FERMER TON CLAQUE MERDE ?????

Excuse moi, je ne me suis pas présenté : moi c'est myrrhman. Critique génial de l'absolu, je suis un et indivisible, je suis la création, je suis l'être et le néant. JE SUIS.

-vous êtes le grand myrrhman ??

- et oui. Et grâce à toi, petit, je viens de remettre en route ce fabuleux blog qu'est ma main dans ton disque. On peut m'accuser de mégalomanie, de formules faciles, de détenir LA vérité mais ton album, les voyages de l'âme c'est quelque chose hein.

Je sais : on va encore me dire : ouais la myrrhe pourquoi s'acharner sur un disque hein ? Il y a déjà eu débat à propos de l'utilité de ce blog certes mais là présentement je m'en tamponne royalement le coquillard. Alcest vient de sortir un nouvel album et je dois avouer qu'il y avait longtemps que je ne m'étais pas marré autant à l'écoute d'un disque.

Pour dissiper tout malentendu : les voyages de l'âme n'est pas vraiment mauvais,il serait même plutôt pas trop mal foutu. Bonne prod', son ample. Mais ça s'arrêtera là parce que pour le reste, ça ressemble beaucoup à l'idée que je me fais de l'ado boutonneux torturé seul dans sa chambre qu'on peut pas le comprendre vu qu'il est seul à comprendre les affres de ce monde immonde à l'agonie.

C'est tout ce que tu lui reproches à ce disque ??? Et ça vaut une note dans ma main ???  Tu te fous de la gueule du monde la myrrhe ?

Dis comme ça, ça paraît en effet un peu juste. Mais à écouter c'est une autre paire de manche. Je le répéte : ce n'est pas immonde.

Juste drôle.

Description ?? Autre temps, morceau ouvrant l'album, commence comme du Opeth période damnation. Correct voir plutôt pas mal. L'instrumental assure grave, créant une ambiance de recueillement. C'est limite beau. Puis arrive la voix. Qui fait tout retomber.Quel con a invité le chanteur de Kyo ??? hein ??? Le refrain arrive derrière et là...............c'est le drame. Opeth : OUT, welcome INDOCHINE !!! Mas pas Indochine le vrai non, une mauvaise copie d'Indochine. Ou alors un Indochine qui se serait enfilé toute la discographie du groupe de métal teutonnicojuvénile Tokio Hotel. Ensuite défilent plein d'influences : Ride, Slowdive (havens, sous haute influence rutti) enfin tout le mouvement shoegaze quoi, Opeth encore et toujours, Jesu (summer's glory comme échappé du 1er album de Jesu), make a change...kill yourself. De très belles influences certes mais la réinterprétation qui en est faite est tout de même troublante. Outre Tokio Hotel, se bousculent au portillon Mylène Farmer, Empyr, Cali/U2, Bruel.

Imaginez un peu le concept-album : BB Brunes, Kyo et toute la scène franco-rebelle post-biactol reprennent les meilleurs morceaux d'Opeth en français.

Vousl'aviez cauchemardé, Alcest l'a fait. Mais bien fait.

Comme les Inconnus avaient délicieusement parodié ces groupes néo-romantiques pseudo torturés, intellectuels usant d'un vocabulaire qu'eux même ne comprennent pas sur vice et versa, Alcest c'est peu ou prou la même chose. L'humour et la distance en moins. Ce qui, à posteriori, rend les voyages de l'âme bien plus drôle encore que la parodie. Parce qu'en l'écoutant ce sont les briquets qu'on voit se lever et s'enflammer, ce sont les longues mèches noires et  rebelles que l'on voit onduler au vent, ce sont les yeux maquillés au khôl donnant une profondeur inattendue au regard qui jaillissent . Les voyages de l'âme comme vous l'avez bien compris, c'est un patchwork de clichés de la rebel attitude des années 80.

En 2012 je n'osais même pas imaginer une telle chose. Le mal-être adolescent vécu par des trentenaires désoeuvrés est pour ma pomme une source inépuisable de rires. Rien que pour m'avoir fait mourir de rire en ce début d'année morose, je ne peux que me prosterner et remercier Alcest.

http://img836.imageshack.us/img836/6461/foldergt.jpg

Par mamaindanstondisque
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 08:21

 

Je m'étais dit, il y a quelques mois : la myrrhe, grandis un peu. Tu fais parti d'un blog collectif dont l'objectif est de ne pas l'être justement. Tu as des jugements à l'emporte-pièce, tu assènes TES vérités tel un gourou de pacotille, fais en sorte que le monde entier te croit intelligent en sortant des conneries plus énormes que toi. Tout ça dans un esprit soit-disant potache, sans sérieux aucun.

Puis un internaute, loué soit-il, est venu te remettre dans le droit chemin en te faisant prendre conscience que tes notes c'était de la merde, que critiquer pour critiquer était un exercice vain, inutile, blessant. S'en suivit un débat de longue haleine avec l'autre tôlier de ce blog sur les notions du bien, du mal, de la portée de nos actes à travers le microcosme musical actuel, de notre influence sur des internautes décérébrés, de notre mainmise sur tout un pan d'auditeurs n'attendant plus que notre avis sur telle ou telle galette. Bref, nous étions devenus, Loner et moi ainsi qu'Oyster (dans une moindre mesure, faut pas déconner non plus hein), d'influents rédacteurs. Nous avions enfin touché notre but, atteint nos objectifs sans nous en rendre vraiment compte. L'apport de cet internaute fut une délivrance. Me concernant, parce que l'autre tôlier n'a strictement aucune éthique, cette enflure, je me rangeais des voitures, me décidait d'arrêter là. Critiquer, descendre, dézinguer est un exercice bien trop simple pour quelqu'un d'aussi brillant que moi. Bref, après une cure de désintoxication extrême, je pensais enfin avoir fait le tour de la question.
Jusqu'à YAWN.

YAWN est un putain de groupe qui m'a littéralement fait de nouveau plonger dans le truc. Pas pu résister. Autant le dire tout net : avoir ça entre les oreilles c'est comme emmener Maïté dans une porcherie avec une mallette de boucher, Landru au salon de la poterie rayon fours : un truc à faire faire un carnage. C'est pas possible qu'un mec sorte un album pareil sans avoir lu au préalable toutes les conneries mises dans ce blog depuis sa création. YAWN c'est donc ça : du concentré de ma main dans ton disque. Le pire du pire. Le gars de YAWN a du se dire : tiens elle est marrante la note sur Panda Bear mais pas assez poussée. Je vais essayer de faire pire pour avoir une note encore plus salée.

Tu sais quoi mon gars ??? ton objectif est atteint au-delà des limites que tu t'étais fixées. Je suis pas sur d'avoir écouté quoi que ce soit d'aussi mauvais cette année. Pourtant il y a eu des précédents auxquels j'ai su résister : le vel de Susheela Raman ou encore le Todd Rundgren's Johnson, reprises absolument atroces du grand Robert Johnson par un Todd Rundgren sénile. La barre était fixée très très haute. Mais là je sais pas : à ce niveau ça en devient presque du grand art.

YAWN fait dans l'indie pop expérimentale façon Panda Bear, reprend les mêmes ficelles mais avec un background différent. Là où Panda Bear singe les Beach Boys et fait dans l'expérimentation dub creuse, vaine et inutile , YAWN le ferait presque passer pour du Mozart, pour un génie de la mélodie rapide et accrocheuse façon Pixies.

Il a eu l'idée pour son premier album de vouloir fusionner le pire des années 80/90 avec Panda Bear. Le repoussoir commence dès les premières notes de keep up. On est accueillis par des choeurs enfin des psaumes devrais-je dire, tout droit sortis du manuel du new-age selon Enya ainsi que quelques relents world music indienne vaut mieux que deux tu l'auras façon Nittin Sawhney du pauvre. On continue ensuite avec une rythmique drum'n'bass très datée 90's le tout sous un déluge de réverbérations proprement atroce et une voix qui ressemblerait de loin à du Brian Wilson imitant Gaz Coombes de Supergrass. A peu de choses près mon idée du bonheur.

Pour la suite, autant vous prévenir : préparez la bassine, c'est carrément du brutal. Si vous avez survécu à keep up, yum yum devrait vous achever. Un bon coup bien asséné derrière la nuque. Un truc de traître. Que je vous explique de quoi il en retourne : un fond de ressac pour l'ambiance maritimystérieuse,une voix passée à l'hélium (le truc à la mode depuis l'excellent Connan Mockasin) et une grosse rythmique bien bourrine sortie du manuel « si toi aussi tu tiens à devenir un DJ de merde » de David et Cathy Guetta singeant les Chemical Brothers. Plus loin le morceau bifurque vers des cassures de rythme incessantes, des voix de chiottes, des choeurs pourris, un traitement du son des synthés sorti tout droit du Nick Kershaw show et une montée sous acides digne d'un Arcade Fire sous prozac. Le manuel du suicide musical à lui seul.

Je n'ai pas pu terminer acid, trop insoutenable pour mon pauvre être frêle. Passer des Beach Boys à la goa sans aucune transition, ajouter des effets sonores piqués à la série Lost ( si si. Souvenez-vous du bruit qui accompagne chaque apparition de l'épaisse fumée noire) est bien plus que je ne peux supporter. Pour gasoline j'ai du commencer les premières mesures puis quand j'ai compris que YAWN voulait m'emmener au fagot, boîte réputée de la Mayenne à deux pas de chez moi à La Pallu, j'ai fini par rebrousser chemin. Et ne plus vouloir continuer. Là où c'était atroce mais pathétique voir drôle sur deux ou trois morceaux, ça finit par devenir carrément insupportable. Les sept autres plages d'open season sont à l'avenant. Aussi mauvaises.

Pourquoi dans ce cas vouloir faire une note sur un album dont personne n'a entendu parler et dont personne ne parlera à l'avenir sauf pour se payer une bonne tranche de rigolade ? Pourquoi risquer à nouveau l'ire de lecteurs assidus, attentifs et justes de ce blog indispensable ? Parce qu'on ne produit pas impunément une telle musique sans s'attendre à s'en prendre plein la tronche derrière. Parce que copier à la main une mauvaise photocopie des Beach Boys via Panda Bear, vouloir l'accoupler au pire de la production musicale des décennies passées ne mérite que châtiment et lacérations. Et puis aussi parce qu'on ne se refait pas. Chassez le naturel....

http://img62.imageshack.us/img62/7228/yawnopenseasonalbumcove.jpg

Par mamaindanstondisque
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 09:15

 

Bon, là, je vous le dis tout net, ça ne va pas être simple. Se foutre des belges, c’est un peu comme se foutre des handicapés, c’est un peu facile ! (Lol !: petite onomatopée de nos jours obligatoire pour rappeler que ceci est de l’humour) dEUS ! Je me souviens encore de l’électrochoc subi lorsque j’ai vu dEUS sur la scène de Canal + pour la première fois de ma vie.

 

Je vous la fais courte, les trois premiers opus de dEUS sont éblouissants. Funk, rock, pop, noise, jazz, blues, tout se bouscule dans un joyeux bordel magnifiquement agencé. Les deux têtes pensantes, Barman et Carlens formant un duo complémentaire, le départ de ce dernier, dès la fin du second opus, laissera Barman seul accoudé au zinc du groupe, et dès le troisième (et pourtant réussi) album, le changement de cap se fait ressentir. Les chansons sont plus construites, plus resserrées, ça part moins dans tous les sens… A l’époque, la Belgique était l’un des points névralgiques du renouveau du rock indé (dEUS, Venus, Soulwax pour ne citer que les plus connus…).

 

Et puis, après ? Un best of ! Et en plus, je me fais avoir, car il contient un inédit très réussi. Bon, admettons ? Ensuite ? Pocket Revolution ! Une foutue révolution : le seul morceau réussi était l’inédit du best of, autant vous dire que je l’avais mauvaise. L’album suivant sera pire. Une horreur.

 

Là-dessus, Barman se pointe avec un nouveau disque sous le bras en nous disant qu’il a recentré le débat sur les débuts du groupe, qu’il a pondu son meilleur disque depuis… C’est bien simple, il se souvient même pas ! Chouette !

 

Moi, les blagues belges, je n’ai jamais été particulièrement friand, mais alors là, si vous voulez vous bidonner, plongez dans ce « disque » ! Là où Barman alignait des mélodies accrocheuses sur du boucan, il aligne maintenant des chansons sans mélodie sans tension, sans pantalon ! « Ce soir, nous irons s’faire chier, sans chanson, sans pantalon !!!! » Pardon, je m’égare. On sent bien qu’il veut s’énerver le Barman, mais son verre est vide, il n’a plus d’idée, plus de break, plus de bouts de ficelles tordues. On peut admirer deux lascars sur la pochette, en train de prendre je ne sais quoi sur la pochette… M’est d’avis qu’ils zooment au maximum pour chercher la bonne idée du disque, en vain. Ce nouvel opus est une aberration tant on connaît le passif du groupe. L’insipide se dispute au ridicule, impossible de détacher une chanson du lot, elles sont toutes mauvaises. Là où les chansons rebondissaient, elles manquent aujourd’hui cruellement de ressort.

 

Barman semble n’être qu’un vieux chanteur qui nous recolle la même tournée, de la même vieille boutanche bouchonnée. A la fin du disque, on se dit que le gars est gonflé d’avoir pondu un triple album alors qu’en fait, il s’agit bien d’un simple, mais alors, c’est long, mais long…

 

Les blagues (belges ou pas) les plus courtes sont pourtant réputées comme étant les meilleures. On ne sait pas trop où le groupe veut en venir. Si au moins il expérimentait. S’il s’aventurait ailleurs, mais non, à chaque album, il pond le même, en moins bien, un peu comme une photocopieuse dont le toner s’épuise inexorablement.

 

A l’arrivée, l’album n’est qu’une suite de chansons impossibles à départager tant elles sont semblables et on a envie de secouer Barman pour le réveiller, mais rien à faire, il semble s’être endormi sur sa guitare électrique. Par ailleurs, l’album est réellement mal produit, donnant à entendre un magma sans relief qui n’avance pas, qui ne recule pas, comment voulez-vous que l’on s’enc… pardon, que l’on ne s’ennuie pas ? Barman nous dit « Keep You Close », nous, nous sommes tentés de lui répondre « Keep your songs for you and stop to faire chier ton auditoire ! ». Il est temps pour lui de se recycler. La facilité serait de dire qu’avec un blase pareil, il pourrait bosser dans un bar, d’autant que son groupe semble définitivement en rade !

Par mamaindanstondisque
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 15:43

Bon… Ne lisez pas cette « chronique ». Vous allez vous faire du mal. Vous faîtes probablement partis des millions d’admirateurs de Jeff Buckley et après quelques lignes vous aurez envie de jeter votre ordinateur par la fenêtre, de m’insulter en toutes les langues, de me dire que je suis un con (c’est vrai), un incompétent qui ne connait pas ses sujets (c’est vrai), un sourd qui ne comprend rien à la vraie musique (c’est vrai), que je devrais avoir honte d’écrire dans un style aussi ampoulé et prétentieux (c’est vrai), que je mériterais de crever sous un meuble (c’est vrai), que je devrais être pendu par les balloches et jeté aux chiens du quartier (c’est vrai). Alors, Stop ! Ne lisez pas la suite.

 

Qui est Jeff Buckley ? Un fils de ! Le fils de l’admirable Mary Guibert. Banquière de son état. Enfin, cette vocation naîtra bien plus tard, mais nous y reviendrons. En 1966, sort l’album « Revolver » des Beatles et naît Jeff Buckley. En gros, voici les deux évènements à retenir, le reste n’ayant que très peu d’importance. 28 ans plus tard, Jeff Buckley ayant appris la guitare entre temps, sort un album, « Grace », aidé, notamment par Gary Lucas, l’ex-compagnon de route du fulgurant Captain Beefheart. Buckley, ancien fan de Kiss (Ah ah ! On commence à comprendre un peu mieux !), se lance dans la musique vers 1987. De fil en aiguille, il bosse sur son premier album, en compagnie, donc de Lucas. Lucas lui propose notamment « Mojo Pin » et « Grace ». Le courant passe mais devient vite alternatif, et la collaboration part en eau de boudin. Bref, il finit par monter un groupe et enregistre le plus grand disque de tous les temps. Ou presque.

 

Non parce que, pour tout vous dire, moi, le disque de Jeff Buckley m’en chatouille une sans même effleurer l’autre. A l’époque de sa sortie, la presse mondiale a crié au génie. Enfin un fils de qui tient la route. Bon, je ne vous ai peut-être pas dit qu’au-delà de Mary Guibert, il est également le fils de Tim Buckley. Pour ceux qui ne connaissent pas… tant pis, je ne suis pas le bon samaritain de service, faudrait voir à pas déconner, google sera ton ami. Juste que l’aura d’artiste culte de son père va forcément le suivre comme son ombre. Il faut dire que les similitudes vocales sont parfois troublantes, notamment dans la façon de faire des vocalises à rallonge.

 

Alors, « Grace », album du siècle ou fumisterie ? A mon sens, ni l’un, ni l’autre. D’abord, il faut quand même avoir en tête que sur 10 titres, il y a 3 reprises, 4 composés à plusieurs et qu’il n’y a que trois titres de Buckley à proprement parler. La trame des fameux « Grace » et « Mojo Pin », c’est avant tout Gary Lucas, et les deux autres titres sont un travail collectif. Donc, lorsque j’entends ici ou ailleurs qu’il s’agit d’un génie, d’un des meilleurs artistes de la décennie des 90, je me gausse gentiment ! Juger du talent d’un mec sur une carrière aussi courte avec, finalement, si peu de chansons à son actif, me paraît légèrement exagéré.

 

L’album trimballe selon moi un pathos qui plombe l’ensemble sur toute sa longueur, avec des vocalises et des envolées « lyriques » qui, à mon avis, ont fait naître quelques vocations (Hein ? Non j’ai pas dit Muse !) et bizarrement, les compositions les moins originales du disque sont signées de la seule main de Buckley. « Last Goodbye », « Lover, You should’ve Come Over » et « Eternal Life » sont d’une banalité consternante si l’on prend le soin de les mettre face aux autres compositions un brin plus complexes. Certes, tout cela n’est pas mauvais, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais alors lorsque j'écoute ce "Chef d'Oeuvre", qu’est-ce que je me fais chi… pardon. Qu’est-ce que je m’ennuie. Surtout sur « Eternal Life » que je ne parviens jamais à écouter entièrement. Le summum étant atteint avec les reprises où Buckley insuffle une sorte de chape de plomb à des morceaux qui possédait suffisamment d’émotion sans que l’on se sente obligé d’en rajouter. La célèbre reprise de Cohen est devenue fatigante tant elle a été rabâchée, mais malgré tout, je lui préfèrerai toujours celle de John Cale ou mieux, l’originale. « Lilac Wine » est d’une platitude confondante, quant à « Corpus Chisti Carol », elle serait parfaite pour une oraison funèbre (même si je subodore que ce soit le but) et démoraliserait en une seconde toute la troupe de la compagnie créole pourtant follement imbibée de 'tit punch!

 

Bien sûr, on va me dire que le sieur jouait bien de la guitare. Certes. Encore qu’il faille, là encore, relativiser. Qu’il chantait bien. Certes, mais là aussi, faut aimer le style hululements à la nuit tombée, sinon, on risque de s’emmerder. Par contre, pour qui a besoin de rappeler son clébard à grands coups d’ultra-sons, ce disque doit pouvoir l’aider.

 

Je me souviens encore de tous les articles écrits à propos de ce disque lors de sa sortie… « Chef d’œuvre », « magistral », « Grandiose »… Bref, l’album de la décennie. Au hasard, Portishead sortait son premier opus, LOW sortait I Could Live in Hope, LAMBCHOP sortait I Hope You're Sitting Down/Jack's Tulips, les WEEZER étaient de la partie, et j’en passe !

 

Et tout ce que retient le monde ? « Grace » ! L’album unique d’un mec qui a eu la chance de naître avec un blase qui le fit remarquer, au moins par la presse ! Seulement voilà ! Monsieur joue les mariolles, et que ça picole, et que ça se drogue, et que ça se baigne dans les eaux boueuses avec ses pompes et que ça se noie ! On fait la mariolle et on se retrouve à jouer les hommes grenouilles au fin fond de la vase ! L’aurait mieux fait d’apprendre à nager, au lieu d’apprendre la guitare, voilà ce que je dis !

 

Bon, je suis mauvaise langue, cela aura eu le mérite de trouver, enfin, un vrai métier à sa môman ! Depuis, elle est banquière. Parce qu’en matière de fructification de l’acquis, sa daronne est championne ! Elle sort tout ! Les live, les rééditions, les best of, les démos, en attendant de sortir les balbutiements de son défunt bambin à l’époque où il faisait encore caca dans sa couche. Bref, Buckley est entrée dans la grande famille des artistes morts qui ont sorti plus de disques après leur mort que de leur vivant. Certes, ce disque n’est pas à chier (non non, je vous assure…), mais je ne crois vraiment pas qu’il mérite son statut d’œuvre culte qu’il a acquis, malheureusement, sur les relents morbides d’une mort prématurée.

 

Buckley, selon les spécialistes, avaient encore beaucoup de choses à donner. Moi, je veux bien. Mais, soit ils sont sourds (parce que son disque posthume où figurent les œuvres inachevées du bonhomme pour son futur album ne sont vraiment pas folichonnes), soit ils communiquent avec les morts auquel cas, Buckley leur a fait entendre des chansons qui défouraillent velu, parce que sinon, faut quand même pas charrier.

 

Je me demande s’il n’avait pas été le célèbre fils de Mary Guibert aka BNP Paribas et d’un certain Tim Buckley, Jeff aurait autant marqué les esprits, notamment de la presse qui a grandement contribué à développer ce culte qui m’échappera toujours.

Par mamaindanstondisque
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 14:33

Oui, mais là, non ! Moi, j’ai toujours aimé les différents projets des ex-Diabologum ! Que ce soit Programme (deux excellents premiers albums, ensuite, c’est vrai, ça se dilue), ou Expérience (deux excellents premiers albums, ensuite, c’est vrai, ça se dilue). Fâchés à mort, les deux comiques et têtes pensantes de feu Diabologum qui restera à jamais, avec leur album « #3 », ce qui s’est fait de mieux ou presque dans le rock français depuis… Téléphone ! Mais non, j’déconne ! Enfin, bref, Diabologum, c’est terminé depuis un bail, et les deux compères s’amusent avec différents projets et différents bonheurs.

 

Voilà donc le premier opus solo de Michel Cloup. « Notre silence ». Si j’avais envie de faire dans le facile, je vous dirais que le silence, il aurait mieux fait de le garder, mais bon. Si les albums d’Expérience étaient nerveux (parfois trop, touchant presqu’à la caricature dans le genre guitares saturées), ici, c’est tout le contraire… Les Bpm sont bloqués à 60 ou 80, et qui plus est, sur le même schéma rythmique, à tel point qu’il est parfois délicat de différencier une chanson d’une autre. Les morceaux sont interminables (hein, minables ?), « l’enfant » et « notre silence » cumulent à elles seules 20 minutes statiques (bien que ça s’énerve un peu sur la fin, mais léger….) et Cloup semble vouloir décrire un quotidien ordinaire et sordide… Mais là où il parvenait, avec Diabologum, à faire dans l’image surréaliste tout en restant accroché à une certaine réalité, ou à faire preuve d’humour et de cynisme au sein d’Expérience, il aligne des phrases d’une banalité consternante dignes d’un Saez ou pire, d’un Kyo. Je ne sais pas trop où en sont les différents projets du bonhomme, mais il est clair qu’il faut rapidement qu’il se reprenne en main, car écrire un truc aussi mauvais que « Plusieurs fois cet après-midi » qui réussit l’exploit d’être aussi creux musicalement que sur le plan des textes n’encourage guère à s’intéresser à la suite. Musicalement, on pense vaguement à Mogwai première période (Ten Rapid / C.O.D.Y.) sans les montées de sève, et surtout sans l’inspiration et la tension. Ici, c’est tendu comme un bermuda trop vieux qui baille au-dessus d’un bide trop gras. L’auditeur aussi baille de plus en plus à mesure que le disque progresse. Le point culminant reste donc « notre silence » où il ne se passe absolument rien à part une ligne de basse composée de 5 notes sur laquelle Cloup déroule du texte cliché et limite préadolescent, alors que visiblement, il souhaitait un truc tendu au possible amenant l’auditeur à chier dans son froc ! A vrai dire, on n’est pas loin d’y parvenir tant on s’emmerde. Un final qui, là encore, ramène à Mogwai, avec explosion de guitares, sauf qu’il y ajoute un solo sans intérêt ni imagination, pour se terminer en eau de boudin. « Un film américain » vient clore un disque inutile et catastrophique qui distille un ennui profond en alignant des facilités dignes d’un groupe de potes collégiens qui se prennent pour Noir Luke Désir.

 

Alors, bon, ne soyons pas aigres et faisons un bilan objectif. Ce disque équivaut à chercher un angle droit dans une pièce ronde, c’est vain et chiant Michou tape systématiquement à côté de son sujet en faisant de la redite par rapport à tous ses précédents projets, car la plume n’est plus acérée et les guitares sont en mousse. Il a, à l’évidence, voulu faire un disque dépouillé, mais il a tellement dépouillé son disque qu’il a rendu copie blanche ou presque. Presque seulement, car cela nous aurait évité l’incommensurable ennui qui accompagne l’écoute de ce disque finalement plus prétentieux et boursouflé qu’autre chose.

 

A trop vouloir sortir du lot et être dans la marge, on se retrouve hors de la page, à écrire sur la table, à côté de la cible. Et généralement, ce que l’on écrit sur la table termine effacé par les cancres de la classe !

 

 

Par mamaindanstondisque
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus